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VERS UNE REGULATION DE L'ACCES AU MONT BLANC :Posté le 01/10/2018 dans Actualité

La Chamoniarde s'exprime :
Les incivilités et la surfréquentation sur l’itinéraire de la voie normale dite du Goûter, ont conduit à une décision qui va avoir à l'évidence des répercussions sur les autres voies d'accès au Mont-Blanc. Le problème existe déjà sur d’autres 4000 de l’arc alpin. Nous regrettons le manque de concertation et nous souhaitons que tous les acteurs concernés puissent se réunir prochainement pour une vision globale de la problématique (accès multiples, manque de préparation évident et d’expérience de certains ascensionnistes, solo sur un itinéraire glaciaire etc.) L'ascension du Mont-Blanc, quel que soit l'itinéraire choisi reste le domaine de la haute montagne et par conséquent de l'alpinisme, nécessitant des compétences particulières à la pratique de celui-ci. Il n'y a, pour cette ascension ainsi que pour toutes les autres, aucune place à l'improvisation.

Nous resterons vigilants, engagés dans nos missions d’information, de formation et de sensibilisation pour plus de sécurité en montagne, quelles que soient les disciplines, quels que soient les massifs et ce tout au long de l’année.

La Chamoniarde, basée à Chamonix, est soutenue par la mairie de Chamonix-Mont-Blanc dans ses actions de prévention. Celles-ci n’ont pas de frontières, ni communales, ni nationales, car la pratique de la montagne est ainsi faite. Il serait illusoire et possiblement contraire à l'effet recherché en terme de sécurité, de ne pas appréhender la montagne à son échelle.

Rassemblons-nous, concertons-nous et élevons le débat. Gérons de façon collective et raisonnée cette problématique.

Commentaire d’Eric FOURNIER, Maire de Chamonix à la proposition de régulation de l’accès au Mont Blanc :  


 Régulation de l’accès au Mont-Blanc : « Attention aux conséquences ! »  

 « La recrudescence de témoignages apportés cet été (incivilités, tentatives d’ascension par des personnes non préparées, attitudes discourtoises), révèle une situation singulière sur la voie normale du Mont-Blanc. Nous sommes ici confrontés à la multiplication de comportements individuels répréhensibles, davantage qu’à une question relative à la gestion de la haute montagne. Ce n’est évidemment pas la pratique de l’alpinisme et l’accès à la montagne qui sont remis en cause, mais bien le manque de culture montagnarde de certains prétendants à l’ascension du Mont-Blanc.

Cette situation se concentre sur la voie normale du Mont Blanc depuis Saint Gervais. La banalisation progressive de cet itinéraire, avec l’équipement posé sur l’aiguille du Goûter, la reconstruction du refuge et son exploitation selon des modalités (réservations notamment) qui font débat, y auront pour beaucoup contribué. Il convient donc de distinguer cette situation particulière de la pratique sportive et de la fréquentation constatée sur l’ensemble du massif.

Or ces comportements et incivilités, inadmissibles et largement médiatisés, ont précipité la mise en place de mesures de régulation sur la voie normale d’accès au Mont Blanc sans que soient mesurées leurs incidences et leurs effets de bord sur les autres voies d’accès au sommet.

Sera concernée, entre autres et coté chamoniard, la voie de la traversée du Mont Blanc. Aux risques objectifs (chutes de séracs) de ce parcours s’ajoute l’aléa nivologique qui, même en saison estivale, peut générer des situations délicates dans cette voie techniquement plus difficile. Une analyse détaillée des risques d’un report de fréquentation sur cet itinéraire, mais aussi d’autres, aurait dû être conduite par l’autorité préfectorale en y associant notamment les compagnies des guides et le PGHM.

C’est ce que j’avais demandé à Pierre Lambert, Préfet de la Haute Savoie.

Il est déplorable qu’une analyse plus globale des solutions qui pourraient être mises en œuvre sur l’ensemble des voies d’accès du Mont-Blanc n’ait pas été travaillée.

Les incidences et conséquences d’une décision ne considérant qu’un seul versant pouvant s’avérer dramatiques, la commune de Chamonix-Mont-Blanc sera amenée à prendre des mesures permettant de gérer les effets négatifs de cette décision non concertée ».


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